Design patents et interfaces utilisateur : les nouvelles règles du USPTO (2026)

Design patents et interfaces utilisateur : les nouvelles règles du USPTO (2026)

Introduction

Le USPTO a publié en mars 2026 un guide important qui modifie la manière de protéger les interfaces utilisateur (UI), icônes et environnements numériques par design patent.

Ces nouvelles lignes directrices répondent à une réalité technologique claire : les produits numériques modernes (applications, systèmes embarqués, AR/VR) ne s’intègrent plus toujours à un écran traditionnel.

Résultat :
la protection des designs numériques devient plus flexible — mais demeure juridiquement encadrée.


Ce qu’il faut retenir

  • ✔️ Il est toujours possible de protéger une interface utilisateur par design patent
  • ✔️ Il n’est plus toujours nécessaire de montrer un écran ou un appareil
  • ✔️ Les interfaces AR/VR, projections et environnements immersifs sont reconnus
  • ❗ L’interface doit toutefois demeurer liée à un « article of manufacture » pratique:

La protection devient plus flexible… mais nécessite une stratégie de dépôt plus rigoureuse

Ce qui change concrètement dans la pratique

https://cdn.patentlyo.com/media/2024/07/AppleDesignANimated.png

https://www.uspto.gov/sites/default/files/brochure_05_Page_12_Image_0001.gif

🔹 1. Fin de l’obligation systématique de montrer un écran

Avant :

  • une interface devait généralement être illustrée sur un écran (smartphone, moniteur)

Maintenant :

  • ce n’est plus requis dans tous les cas

👉 Une UI peut être revendiquée :

  • sans appareil visible
  • sans lignes pointillées représentant un écran

🔹 2. L’« article of manufacture » reste obligatoire

Même si les dessins sont plus libres, une exigence fondamentale demeure :

👉 L’interface doit être :

  • liée à un objet concret (ordinateur, système, dispositif)
  • décrite comme faisant partie de cet objet

📌 Exemples typiques :

  • « Graphical user interface for a computer »
  • « Icon for display panel »

🔹 3. Reconnaissance explicite des technologies immersives

Le guide confirme que peuvent être protégés :

  • interfaces en réalité augmentée (AR)
  • interfaces en réalité virtuelle (VR)
  • projections
  • hologrammes

👉 Même sans écran physique représenté

🔹 4. Plus de flexibilité… mais aussi plus de responsabilité

Le USPTO offre désormais :

  • plus de liberté dans les dessins
  • plus de souplesse dans les revendications
  • moins de formalisme

❗ Mais :

Une mauvaise structuration peut limiter la portée ou fragiliser la protection

Implications pratiques pour les entreprises et innovateurs

https://www.expertappdevs.com/sitebucket/blog/glo-yoga.jpg

https://www.researchgate.net/publication/237088009/figure/fig3/AS%3A669378852970502%401536603763276/Example-of-augmented-reality-techniques-to-overlay-data-in-the-real-world.png

✔️ Opportunités

  • Protection plus adaptée aux produits numériques modernes
  • Meilleure couverture des interfaces immersives
  • Possibilité de revendiquer une UI de manière plus « pure »

❗ Points de vigilance

  • L’interface ne peut pas être purement abstraite
  • Le lien avec un produit doit être clair
  • Cohérence essentielle entre :
    • titre
    • revendication
    • dessins

🎯 Enjeu stratégique

Dans un contexte où :

  • les brevets logiciels sont plus difficiles à obtenir
  • l’expérience utilisateur devient un avantage concurrentiel majeur

👉 Les design patents deviennent un outil clé de protection

Conclusion

Les nouvelles lignes directrices du USPTO marquent un tournant important :

✔️ Moins de contraintes formelles
✔️ Adaptation aux technologies modernes
✔️ Meilleure accessibilité

👉 Mais avec une constante :

La protection repose toujours sur un lien clair avec un article de fabrication

❓Questions fréquentes sur les design patents et les interfaces utilisateur

Peut-on protéger une interface sans écran ?

Oui. Les nouvelles lignes directrices permettent, dans certains cas, de ne pas représenter un écran, à condition que l’interface soit liée à un « article of manufacture ».


Peut-on protéger une animation ?

Oui. Une animation peut être protégée à l’aide d’une séquence d’images illustrant ses différentes étapes.


Les interfaces AR/VR sont-elles admissibles ?

Oui. Les interfaces immersives (AR, VR, hologrammes) sont désormais clairement reconnues.


Est-ce plus facile qu’avant ?

Partiellement. Les contraintes formelles sont allégées, mais les exigences juridiques demeurent strictes.


Pourquoi utiliser un design patent pour une UI ?

Parce qu’il permet de protéger l’apparence visuelle d’un produit numérique — souvent un élément clé de différenciation.

📣 Besoin d’accompagnement ?

Vous développez une interface utilisateur distinctive ou un produit numérique innovant ?

Nous pouvons vous aider à :

  • évaluer les possibilités de protection aux États-Unis
  • structurer une stratégie de dépôt adaptée
  • maximiser la portée de vos design patents

👉 N’hésitez pas à nous contacter pour en discuter.

Adhésion à l’Arrangement de La Haye et modernisation du régime de dessins industriels du Canada

Le 5 novembre 2018, le Canada a adhéré à l’Arrangement de La Haye concernant l’enregistrement international des dessins et des modèles industriels (le système de La Haye). Des modifications sont également apportées pour moderniser considérablement le régime des dessins industriels.

Le système de La Haye offre un mécanisme pour faire l’acquisition, le maintien et la gestion des droits de dessins dans plusieurs pays au moyen d’une seule demande déposée auprès de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI).

SVP communiquer avec votre agent préféré ou voir la page de l’Office de la Propriété Intellectuelle du Canada pour plus de détail.

US: Précisions sur l’interprétation d’un « design »

L’affaire Crocs, Inc. v. US International Trade Commission (ITC) (Fed. Cir. 2010) fait suite à une enquête de l’ITC (US International Trade Commission) à savoir si des copies importées des célèbres soulier « Crocs » enfreignaient les droits de Crocs » (brevet US No. 6,993,858 et design No. D. 517789). Après investigation, l’ITC n’a pas conclué en la contrefaçon et de plus que le brevet était évident.

En ce qui a trait au design, la Federal Circuit a jugé l’approche de l’ITC erronée quant à l’interprétation de la portée de la protection et a statué qu’habituellement:

« …a design patent’s drawings typically needs very little textual description. The court also held that design patent claim construction should be less textually detailed because design patent infringement (and validity) are judged by looking at the design as a whole. An element-by-element description unduly draws attention to the details and « away from consideration of the design as a whole. »

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